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Autour d'une photo

 

Un camp de concentration nazi : Terezin

 

Des livres

 

 

 

 

 

Des livres

   

Les racines du mandarinier  de Cécile Oumhani ( lu par Gisèle)

Un livre qui décrit avec beaucoup de sensibilité la difficulté, pour un couple mixte franco-tunisien, de vivre en Tunisie en tenant compte de la culture de l'homme, tunisien et de celle de son épouse, française. Un beau roman où l'amour nié, le désespoir, l'attente, très longue, d'une maman qu'on a séparée de son fils et enfin, la joie sont décrits dans un beau langage simple et poétique. Un régal !

Livre paru en 2003, aux éditions "Paris-Méditerranée"

les jardins du nord  de Souad Guellouz ( lu par Gisèle)

Un livre devenu introuvable dans sa traduction française en Tunisie. Voici les propos lus sur la quatrième de couverture et qui résument bien le livre : " Qui se souvient encore de la Tunisie du nord des années 40 ? Pour celui qui ne sait plus, pour tous ceux qui ne savent pas, Souad Guellouz nous y transporte...Et c'est un enchantement de suivre cette petite fille, si semblable à celles d'aujourd'hui, si différente aussi..." J'ai appris beaucoup sur la Tunisie de cette époque que je ne connaissais pas, sur cette région de Ferryville dont j'avais beaucoup entendu parler mais dont je n'avais qu'une vague idée.

Livre paru en 1982, aux éditions Salammbô

Lucien a rencontré Souad Guellouz à Tunis :

Nous avions rendez-vous à 10h devant la librairie Claire Fontaine. J’arrive juste et une dame m’accoste : «Vous êtes le… » « Oui, madame. ». Nous tombons d’accord pour aller nous asseoir dans le café d’en face. Une dame élégante dans son costume marron (ne me demandez pas trop de détails vestimentaires), très bien habillée, très chic. Assis au milieu de jeunes hommes, sous le bruit d’une télévision, nous devisons librement, trop de bruit pour qu’on nous entende, tout en dégustant une toute petite tasse express. Je ne suis guère bavard et j’ai parlé et elle enchaînait, elle parlait et je suivais les images, les faits, les couleurs, les souvenirs, les livres, plus d’une heure est passée sans que je m’en rende compte. Metline, Tinja, Sofia, la famille Buonanotte, le pensionnat rue de Hollande, le forum, les questions, les réponses. J’avais l’impression que notre conversation poussait comme un grand arbre, chaque mot donnant l’occasion d’un nouvel échange, un nouveau feuillage, une nouvelle branche, dans le silence de notre tête à tête, tout surpris que j’étais par moments de voir les autres clients autour de nous, d’entendre les vociférations de la télévision. Après plusieurs tentatives de départ, nous nous sommes quittés, elle partant à ses affaires, moi rentrant à la maison, trois livres dédicacés sous le bras. J’ai rencontré une grande dame.

La mémoire des cèdres  de Jacqueline Massabki et François Porel ( lu par Elise)

Après la première guerre mondiale, François Le Bruel, jeune Français du Midi, s'installe au Liban dont il fera sa patrie après son mariage avec la douce Marthe. Ses enfants y grandissent, se marient, qui avec un juif, qui avec un musulman. Mais lorsque la guerre s'allume au Proche-Orient, les petits enfants de Marthe et François  sont jetés dans la violence.
François voit alors les siens s'affronter et péricliter ce pays de lumière et de paix dont sa jeunesse avait fait un Paradis.
Un grand roman qui nous fait revivre et comprendre le destin de ce Liban encore déchiré aujourd'hui.

J'ai beaucoup aimé ce livre et je sais que vous l'aimerez aussi.

Livre paru en 1989, aux éditions Laffont

Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer ( lu par Gisèle)

Un petit garçon de 9 ans a perdu son papa dans l'attentat du 11 septembre 2001. Il ne s'agit pas de n'importe quel enfant, mais d'un petit garçon très doué, passionné par des tas de choses et qui va jusqu'au bout de ce qu'il entreprend aux quatre coins de New York. C'est le second roman de ce jeune auteur américain très inventif et émouvant. J'ai été fascinée par le héros et par la composition du roman, par l'écriture et les personnages peu conventionnels.

Paru aux éditions de l'Olivier, 2003

Une saison blanche et sèche d'André Brink ( lu par Gisèle)

Ce n'est pas une oeuvre récente puisque ce roman a été écrit en 1979, en plein apartheid en Afrique du sud où il a d'ailleurs été interdit de publication. ce sont les éditions stock qui l'ont publié après qu'il ait été traduit de l'Anglais. Deux évènements m'ont remis ce livre en mémoire : l'élection de Barack Obama aux USA et la mort de Myriam Makéba. Ce livre raconte comment un blanc d'Afrique du sud, un Afrikaner qui ne s'était jusqu'alors pas interrogé sur l'existence du peuple noir qu'il côtoie tous les jours va se livrer à une enquête difficile pour découvrir ce qu'a pu devenir le fils du jardinier noir de l'école où il enseigne qui a disparu dans les locaux de la police. Cette enquête va l'amener à découvrir ce régime d'apartheid qui ne l'avait pas troublé jusqu'alors. C'est le plus connu des romans d'André Brink mais, je lui ai encore préféré " un turbulent silence" également publié chez Stock.

Paru aux éditions stock en 1980, depuis, il est édité en poche.

Le petit livre des citations latines  de Lucien Jerphagnon, "professeur émérite des universités, membre de l'académie d' Athènes, lauréat de l'Académie française et de l' Académie des sciences morales et politiques". (lu par Marie Rose)

Je vais m'amuser au lit avec un petit bouquin très instructif reprenant les phrases latines célèbres que l'on traduit souvent correctement en français mais dont on ne comprend pas toujours le sens réel voulu par l'auteur. Voici deux exemples :

CARPE DIEM

(Cueille le jour) – Horace, Odes, I, XI, 8)
Autrement dit : « Profites-en »

« Ca c’est bien vrai » aurait dit le regrettée mère Denis dans une publicité télévisée. Horace était de mentalité épicurien. Attentif à la fuite du temps, il entendait bien en tirer le meilleur, et cela sans pour autant faire de la recherche du plaisir un sport finalement exténuant. Les épicuriens étaient tout, sauf des stakhanovistes de la jouissance : trop fatigant.
S’entend énoncer, encore que rarement, par des gens ayant passé la cinquantaine. Avant ils ne se doutaient pas que leurs jours étaient comptés.

IN VINO VERITAS
(Dans le vin est la vérité)
d’après l’adage grec oinos kai alêtjeia : « le vin et la vérité (vont de pair) »
Autrement dit, ivre mort, un monsieur vous révèlera enfin ce qu’à jeun il vous aurait toujours caché. C’est ce que les psychiatres appellent une levée d’inhibition.
Rien de moins sûr quant aux conséquences. Préférer la prestation de cette dame de l’Antiquité que Philippe de Macédoine (le père d’Alexandre le Grand), fin saoul, venait de condamner injustement. Elle dit au roi : « J’en appelle à Philippe ! Mais Philippe à jeun ! » (Valère Maxime, Actions et paroles mémorables, VI, II, exemple. Ext 1)

Paru aux éditions Taillandier  en 2004

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel ( livre lu par Gisèle)

Un vieux monsieur quitte son pays dévasté par la guerre à bord d'un bateau. Il n'a plus de famille à l'exception de sa petite fille qu'il sert dans ses bras et dont il va prendre soin en exil.

C'est un beau livre qui parle de la souffrance qu'il y a à être déraciné, de l'amitié, voire de l'amour, de la folie avec une douceur et une tendresse propre à Philippe Claudel. C'est un tout petit livre d'une centaine de pages, à peine.

Paru aux éditions stock en 2005. Depuis, Philippe Claudel a publié un autre très beau livre : " le rapport de Brodek".

Livres lus par Lina : Barabbas, Chagrin d'école, Contes d'une Grand-Mère.

 Barrabas de Pär Lagerkvist.

  L'auteur nous plonge dans la drôle de vie de Barabbas, de façon saisissante.

Il nous restitue la vie mouvementée et la conscience tourmentée de cet homme, après l'exécution de Jésus. Il ne sera plus le même après avoir assisté à la crucifixion, au mont Golgotha.Ce qui le préoccupe, ce n'est pas la croyance en Dieu, mais le désir profond d'en finir avec la culpabilité.

 

Chagrin d'école de Daniel Pennac.

  L'auteur qui fut professeur, choisit un appartement parisien, donnant sur 2 cours de récréation, comme si un cheminot prenait sa retraite au-dessus d'une gare de triage. Bizarre, mais rien d'extraordinaire à cela si le professeur en question n'avait pas été un mauvais élève en son temps.

Son récit décrit le cancre et la douleur de ne pas comprendre les effets collatéraux sur les parents et les profs.

 

Contes d'une Grand-Mère de George Sand.

  A la fin de sa vie, G .Sand, écrivit des contes ravissants, pleins de féerie, de fraîcheur et d'authenticité pour Aurore et Gabrielle ses petites filles.

- « Quand j'étais enfant, ma chère Aurore, j'étais très tourmentée de ne pouvoir saisir ce que les fleurs se disaient entre elles. Mon professeur de botanique, m'assurait qu'elles ne se disaient rien ; soit qu'il fût sourd, soit qu'il ne voulût pas me dire la vérité, il jurait qu'elles ne disaient rien du tout. Je savais bien le contraire. »

La grand-mère de jade de Frédérique Deghelt

je viens juste de lire les dernières lignes de ce livre et je le quitte avec regret : il m'a fait entrer dans un rêve, celui d'une vieillesse riche de beaucoup de promesses encore, d'une vieillesse où l'on se sent utile, voire nécessaire. Les phrases sont belles, élaborées avec soin. D'ailleurs, la grand mère de Jade ne dit-elle pas :" Si je déteste les livres dont les dialogues sont du quotidien banalement retranscrit, j'aime les êtres qui font de leurs conversations de vrais textes." Ce principe est utilisé tout au long du livre et forme un texte raffiné où il n'est pas seulement question de la vieillesse mais aussi du plaisir de la lecture et de la difficulté d'écrire.

Editions acte sud     Livre lu par Gisèle

Le quai de Ouistreham de florence Aubenas ( éditions de l'olivier)

Où la journaliste raconte l'expérience qu'elle vient de vivre à Caen : " J'ai conservé mon identité, mon nom, mes papiers mais, je me suis inscrite au chômage avec un baccalauréat pour seul bagage." cette expérience a duré presque six mois, de février à juillet 2009. C'est la relation de cette recherche constante et obsédante d'heures de ménage à faire ici ou là, des remplacements d'employées malades ou démissionnaires, des mauvais traitements imposés à ces gens assurant l'entretien des locaux publics tels que  bureaux ou  halls d'entreprises,  mobilhomes de camping,  cabines de ferries partant vers l'Angleterre, du calcul permanent auquel  beaucoup se livrent pour parvenir à trouver de quoi manger avec les petits salaires empochés, c'est aussi la dénonciation de la grande mascarade qu'est " pôle emploi" dont les employés sont obligés de tricher pour répondre aux exigences gouvernementales. Voilà un livre-reportage qui devrait empêcher chacun de ses lecteurs de penser que, si on est chômeur, c'est qu'on le veut bien et qu'on est un(e) paresseux(se) si on le reste. Quand j'ai fermé le livre, j'avais la gorge serrée en pensant à Marguerite, Victoria ou le petit Germain rencontrés sur les quais de Ouistreham.

Livre lu par Gisèle

Le goût âpre des kakis de Zoyâ Pirzâd ( éditions Zulma)

Ce sont la couverture amusante et le titre qui évoquait la Tunisie qui m'ont fait acheter ce livre.

C'est une Iranienne qui écrit des nouvelles concernant des femmes : celle-ci trouve son indépendance en créant un cours d'effacement des taches, celle-là rompt ses fiançailles avec un homme sérieux et installé pour vivre avec un poète farfelu et enthousiaste, cette vieille dame partage avec tous ses amis les kakis de son jardin, ce sont de tout petits évènements, des petits riens de la vie, décrits avec légèreté et simplicité mais, d'une nouvelle à l'autre, on entre peu à peu dans la société iranienne et, à la fin de ce livre, on la connaît bien mieux et on est bien plus apte à la comprendre.

Livre lu par Gisèle et par Elise

L'avis d'Elise :Ce sont cinq histoires différentes, cinq vies racontées là avec une simplicité touchante. Si le début peut paraître déroutant, on se prend très vite d'attachement pour ces personnages dont l'histoire peut être celle de chacun dans ce pays de rêves autrefois appelé Perse.

Fallait-il beaucoup de talent à l'auteure pour dérouler en quelques pages toute une vie, faire ressentir au lecteur les sentiments profonds et intimes des personnages avec une finesse de langage que seule, la simplicité pouvait apporter. Et quel confort de n'attendre aucun drame, seulement partager l'intimité des personnages en laissant au lecteur l'imagination de telle ou telle situation particulière.

Une découverte agréable !

Un jour avant Pâques de zoyâ Pirzâd ( éditions Zulma)

Le second livre acheté de ce même auteur au féminin m'a plu autant que le premier : Un homme évoque son enfance, son amitié avec une petite musulmane, lui qui est catholique arménien, puis, il dit, devenu homme et père, ses souvenirs, ceux de sa grand mère, de sa mère , de son épouse , de l'enfance de sa fille, il évoque la difficulté d'être femme dans ce pays qu'est l'Iran, le poids des préjugés et des traditions qui enferment et pèsent tellement sur les femmes, qu'elles soient catholiques ou musulmanes. Zoyâ Pirzâd utilise toujours une écriture légère qui sous entend plus qu'elle n'expose et qui fait appel à la sensibilité et à l'imagination du lecteur. Ce livre m'a fait penser à une fine et délicate dentelle de phrases dont les fils seraient  les mots.

Livre lu par Gisèle

Le radeau de pierre de Jose Saramago, écrivain portugais, prix Nobel de littérature.

 

Une longue fissure apparaît tout au long de la chaîne pyrénéenne, fissure qui s'élargit de plus en plus, détachant la péninsule Ibérique du continent européen. cette situation   provoque des tas de changements dans la vie de quatre habitants de la péninsule et des changements de société importants. Saramago utilise cette fiction pour dénoncer nos habitudes parfois bien ridicules, sur un ton léger, en analysant, décortiquant même, certains gestes du quotidien et d'autres, plus rares. Ce livre mêle le merveilleux et l'extraordinaire à l'ordinaire dans une écriture aisée et parfois précieuse qui m'a beaucoup plu.

ce livre existe en  poche,  aux éditions " POINTS" 

    

Livre lu par Gisèle.

Passé sous silence d'Alice ferney ( éditions Actes Sud )

Ce livre ne nous maintient pas en haleine par ce qu'il raconte, les faits sont historiques et bien connus, les deux personnages principaux dont les noms ont été remplacés par d'autres le sont aussi, ce livre est tout simplement un exercice de style inattendu et très réussi : des phrases qui disent l'évolution psychologique de ces deux personnages dont l'un finit par condamner l'autre qui va mourir. On voit évoluer au fil des pages les mentalités des deux hommes vers cette finalité : la mort de l'un d'eux. C'est terriblement humain et , paradoxalement, au dessus de l'humanité banale , quelque part dans les pages de l'histoire.

Je connaissais Alice Ferney grâce à ce très beau roman " Grâce et dénuement" dans lequel elle décrivait la condition gitane avec une grande sensibilité mais dans une écriture plutôt classique. Avec " Passé sous silence", elle nous permet de découvrir une autre facette de son talent d'auteur.  Livre lu par Gisèle.

Purge de Sofi Oskanen ( éditions Stock)

C'est un roman qui zigzague dans le temps et dans la géographie : Tantôt, on est en 1992, en Estonie, tantôt en 1991, en Allemagne, puis, un grand bond en arrière nous amène en 1939-1945 en Estonie, en 1991, à Vladivostok. On comprend rapidement que ces moments éloignés les uns des autres, que les personnages qui semblent n'avoir aucun rapport les uns avec les autres, sont tous raccrochés à la même histoire, celle de l'Estonie et d'une famille de ce pays balte, ballotés entre diverses occupations et régimes politiques. Les personnages sont très vite captivants car, sous leur apparent détachement, ils vivent intensément, avec une force surprenante, les souffrances que leur imposent ces divers régimes politiques et les hommes qui les mettent en oeuvre. Il y a, dans ce livre, la description d'une humanité qui fait peur tant elle est inhumaine, souvent, mais, heureusement, une vieille femme intelligente va redonner à cette humanité une part de bonté qui nous rassure puisqu'on en fait partie.  Livre lu par Gisèle.     

je dois tout à ton oubli de Malika Mokeddem ( livre de poche)

Malika est algérienne, elle décrit, dans ce petit livre de 148 pages ce que peuvent être les relations entre une mère vivant dans un petit village du sud algérien, soumise aux préjugés qui sont la règle dans ce village, mais aussi dans tout le pays, mais encore dans tout le Maghreb, voire  dans tous les pays musulmans, au qu'en dira-t-on  et sa fille aînée éprise de liberté et qui va fuir le village, puis le pays, rejetant ainsi tout ce qui fait la vie de la mère. C'est aussi une description du pays dans laquelle je n'ai eu aucun mal à retrouver la Tunisie. C'est une belle langue, la nôtre, si poétique parfois. Demain, je filerai à la librairie pour trouver d'autres titres de cet auteur : " Les hommes qui marchent" ou bien" Le siècle des sauterelles"... merci à l'amie qui m'a offert ce joli livre et fait découvrir son auteur.

"Ayant voulu fuir un mode de vie archaïque qui serait celui de l'acceptation et de la résignation, Selma choisit le chemin de la liberté en réussissant dans de longues et brillantes études qui la conduisent loin de son enfance saharienne.
L'auteur arrive à transmettre avec brio les angoisses et le doûte qui ressurgissent en sa mémoire ,après l'avoir frappée de plein fouet  lors d'un fait divers dont elle fut le malencontreux enfant témoin.
Interrogations et aversion planent sur une relation mère fille qui nous tient en haleine du début jusqu'à la fin de ce roman bouleversant."  Lina

 Le Coeur glacé d'Almudena Grandes ( livre de poche)

" Almudena Grandes est née en 1960 en Espagne. Après des études de géographie et d'histoire à l'université Complutense de Madrid, elle se lance dans l'écriture. Ses oeuvres traitent de l'Espagne de la fin du XXième siècle et du début du XXI ième et font preuve d'un grand réalisme. Elle vit actuellement à Madrid."

Ce livre en deux tomes de 600 pages chacun a été publié en Espagne en 2007

C'est l'histoire de deux familles, l'une républicaine, l'autre franquiste, c'est surtout l'histoire de l'Espagne ( et un peu celle de la France) depuis 1936 jusqu'à aujourd'hui. Je croyais tout savoir sur la guerre civile d'Espagne, mais, ce livre m'a révélé que je ne connaissais que la grande Histoire, celle qui ne parle que des généralités qu'il faut connaître, je n'avais pas imaginé les souffrances personnelles qu'avaient engendrées ce conflit et surtout, à quel point ces souffrances avaient laissé des traces dans la société espagnole d'aujourd'hui.

J'ai été troublée, au début de ma lecture par la multiplicité des personnages que je ne situais pas les uns par rapport aux autres mais, finalement, le suspense, dans ce livre, réside dans le rapprochement lent de ces personnages dont les caractères sont fouillés. Outre le plaisir que j'ai pris à lire cette oeuvre, j'en sais maintenant un peu plus sur l'histoire de cette période . ( Livre lu par Gisèle)

Le kabbaliste de Prague de Marek Halter (9562 aux éditions de poche "j'ai lu") Lu par Gisèle

A la fin du XVI ième siècle, dans le ghetto de Prague, le grand rabbin Loew va devoir " créer" un être de boue auquel le verbe va donner vie afin de sauver les habitants de la ville juive des pogroms à venir. J'ai aimé ce livre qui m'a fait pénétrer dans l'intimité d'un sage de cette époque, découvrir comment les lumières d'alors circulaient, comment Juifs et Chrétiens se côtoyaient difficilement. Le merveilleux de l'histoire, le Golem, permet à Marek Halter de dénoncer l'intolérance et l'incompréhension des "normaux" à l'égard de ceux qui ne le sont pas. A partir d'une légende du XVI ième siècle, Marek Halter a fait un roman moderne dans lequel notre société actuelle se retrouve .
 

La couleur des sentiments de kathryn Stockett ( Actes sud) Livre lu par Gisèle

Dans les années, soixante, l'apartheid est encore de rigueur dans le sud des USA. Une blanche s'intéresse aux bonnes noires qui ont la charge du ménage, de la cuisine et des enfants dans les foyers des Blancs malgré le danger que cela représente pour elle et pour les femmes noires qui osent parler, elle recueille leurs témoignages dans le plus grand secret et elle en fait un livre qui va bouleverser la ville de Jackson, Mississipi. C'est un beau roman qui donne la parole à celles qui ne l'avaient jamais, qui ne pouvaient dire que " Oui, madame", quels que soient leurs sentiments. C'est aussi un roman qui montre que les frontières entre les individus, blancs et noirs, en l'occurence, peuvent être dépassées afin que chacun puisse se sentir mieux et exister aux yeux de l'autre. Il y a les bons et les mauvais individus, mais, ils sont aussi bien répartis dans les deux mondes que décrit Kathryn Stockett.

Passionnant !  Portrait de Kathryn Stockett

Kathryn Stockett a grandi à Jackson et vit actuellement à Atlanta. Elle travaille à l'écriture d'un second roman.

Chasseur de noirs de Daniel Vaxelaire ( Editions Orphie)

Ce sont les confessions d'un colon de l'île de la Réunion, l'île Bourbon à l'époque des faits vers 1740, devenu chasseur de nègres marron c'est à dire d'esclaves noirs échappés des plantations de colons blancs et installés en camps de survie dans les montagnes du centre de l'île. C'est un roman, donc l'auteur a imaginé ces confessions mais les faits qu'il décrits sont historiques, " un enchaînement simple d'une cruauté ordinaire" ( Libération). C'est un roman " émouvant par sa sensibilité, passionnant par sa véracité" ( Le Monde). Ce livre nous rappelle combien l'humanité est UNE mais aussi combien certains individus s'imaginaient ( et encore aujourd'hui, hélas ! ) supérieurs aux autres  car d'une couleur de peau différente et d'une culture différente.

Ce livre a été ré-édité 12 fois, c'est le roman le plus vendu à La Réunion.    Livre lu par Gisèle

 

Jacob, Jacob de Valérie Zenatti (éditions de l'olivier)

Jacob est un jeune Juif de Constantine du début du 20 ième siècle qui va être enrôlé dans l'armée française en 1914 pour aller libérer la France que lui et sa famille, des Juifs pauvres d'Algérie ne connaissent absolument pas. L'enchaînement des évènements historiques va, non seulement éloigner Jacob mais, ensuite provoquer le déracinement de la famille entière à laquelle appartient Valérie Zénatti. Ecrit avec beaucoup de sensibilité, de poésie, ce livre se rattache cependant à la grande Histoire. Prix du livre inter 2015, il mérite bien cette distinction.  Livre lu par Gisèle.

 

Une forêt d'arbres creux d'Antoine Choplin ( éditions La fosse aux ours )

L'auteur s'installe dans l'esprit d'un homme, Bedrich, un Tchèque, dessinateur, que les Allemands ont emprisonné dans le ghetto de Terezin et qui, avec d'autres dessinateurs, doit préparer des croquis architecturaux pour les maîtres du lieu. Il nous dit quels sont les rêves de cet homme, Bedrich, mais aussi ce qu'il fait pour tenter d'échapper à l'univers concentrationnaire dans lequel on l'oblige à vivre. C'est poétique et terrible tout à la fois, surtout quand on découvre que Bedrich Fritta a réellement existé. Voilà sa biographie

Bedrich Fritta est né le 19 Septembre 1906 à Višnová u Frýdlantu, en Tchécoslovaquie ;
il est mort le 8 Novembre 1944 à Auschwitz-Birkenau

Avant la guerre Il a travaillé en tant que dessinateur et graphiste à Prague.

Le 24 Novembre 1941, Fritta fait partie des 342 hommes juifs de Prague déportés par les Allemands à Therezin dans le cadre de la Aufbaukommando (bataillon de construction). À Theresin, il a travaillé dans le Département technique, la Zeichenstube , où de nombreux artistes ont été assignés.

Il a accès à du matériel de dessin et du papier. Lui et d'autres artistes font des dessins de Therezin et ses prisonniers.

Le 17 Juillet 1944, il est arrêté avec d'autres peintres pour créer ce que les nazis ont appelé «la propagande de l'horreur."
Il est envoyé avec son épouse Hensi, et son fils de trois ans, Tommy, à la petite forteresse.
Avec ses amis, Bloch, Ungar et Haas, il est torturé.
Sa femme meurt de faim et de maltraitance.

Avec le peintre Leo Haas, il est déporté à Auschwitz le 26 Octobre 1944 et il y meurt le 8 Novembre 1944.
Le fils de Fritta a été adopté après la guerre par Léo Haas et son épouse.
Un album fait par Fritta et dédié à son fils pour son troisième anniversaire a été trouvé caché dans les murs de Therezin.

 

Ce pays qui te ressemble de Tobie Nathan, éditions Stock

Ce pays, c'est l'Egypte du début du 20 ième siècle jusque vers 1952 : Zohar est né dans la "hara" du Caire ( quartier juif) grâce aux pouvoirs merveilleux d'une femme arabe, intermédiaire entre les humains et les puissances divines qui les dominent. Il va vivre sa vie de Juif mais si proche des musulmans que la frontière entre les deux cultures est impossible à déterminer pour le lecteur : la poésie des incantations arabes se mêle à celle du cantique des cantiques, par exemple. Pendant le quart de siècle de la vie de Zohar au Caire, l'auteur nous relate tous les évènements politiques qui surviennent en Egypte : le règne de Farouk, l'occupation anglaise, la montée de l'idéologie des frères musulmans. Ce livre m'a souvent ramenée en Tunisie, dans la hara de Jerba ou celle, plus petite, de Zarzis.

La terre et le sang de Mouloud Feraoun, livre de poche

Mouloud Feraoun

Auteur
Mouloud Feraoun est un écrivain algérien kabyle d'expression française né le 8 mars 1913 à Tizi Hibel en Haute Kabylie. Il a été assassiné à Alger par l’OAS le 15 mars 1962. Né le 8 mars 1913 dans le village de Tizi Hibel, son nom est Aït-Chabane, Feraoun étant le nom qui a été imposé par des officiers des Affaires indigènes chargés de donner un état civil aux populations kabyles après l’insurrection de 1871.Sa famille porte le nom d’Aït Chabane. Ce sont des paysans pauvres, qui ont eu huit enfants dont cinq seulement ont survécu. Mouloud Feraoun est leur troisième enfant et le premier fils. Depuis 1910, le père a pour habitude d’émigrer périodiquement en France métropolitaine pour subvenir aux besoins de sa famille et ce, jusqu’en 1928, date à laquelle il est victime d’un accident et vit d’une pension d’invalidité. Cette origine familiale, sociale et culturelle, est prépondérante pour Mouloud Feraoun qui intitule son premier roman autobiographique Le Fils du pauvre et fait de la culture kabyle la principale composante de son identité. Il fréquente l'école de Tizi Hibel à partir de l'âge de sept ans. ( wikipedia)

J'ai retrouvé avec un grand plaisir la terre de Kabylie dans les descriptions amoureuses de M. Feraoun, les villageois si semblables à ce que nous sommes, mais aussi enfermés dans des principes, des codes culturels qui leur sont propres. Cependant, j'ai trouvé les analyses psychologiques qui vont nous amener au drame assez lourdes. J'avais préféré " Le fils du pauvre", mais surtout " Les chemins qui montent"

Judas, d'Amos Oz

Trois personnages vivant dans la même maison de Jérusalem en 1950 interagissent les uns sur les autres mais surtout, au cours de leurs discussions, vont nous faire découvrir comment et pourquoi est né l'état d'Israël. C'est un des buts de ce livre. Il m'a semblé, cependant, que le sujet principal était celui de la traîtrise : Abravanel, Judas ( celui de la bible) et peut-être Amos Oz lui-même sont-ils réellement des traîtres ? Les exposés menés par les personnages du roman peuvent paraître austères, moi, je les ai trouvés passionnants et je quitte ce livre avec regret.

 

l'empereur à pied de Charif Maldalani ( au seuil)

Les cinquante premières pages m'ont souvent donné l'impression d'être dans un tableau de Matisse et m'ont enchantée : Matisse qui aurait peint les montagnes du Liban, leur lumière, leurs couleurs...Puis, les personnages m'ont entraînée vers le Mexique, la Chine...Une grande saga familiale qui s'étale sur presque deux siècles et  sur tous les continents, qui absorbe les grands évènements historiques du monde et qui débouche sur le massacre du monde par la pollution liée à la finance, au goût du profit. L'écriture est élégante, les atmosphères prenantes, les personnages  très crédibles. 392 pages de plaisir.

 

L'art de perdre  d'Alice Zeniter

Comment un Algérien, Kabyle vivant sur les hauteurs dominant Palestro, va devenir un Harki, comment les menaces du FLN l'obligent à fuir vers la France en 1962, enfin, comment son fils aîné, Hamid, va vivre cet exil, ce qu'il va transmettre ou plutôt, ce qu'il ne va pas transmettre à ses quatre filles, voilà le sujet de ce livre. Alice Zeniter a su si bien décrire les cheminements de la pensée, l'évolution des sentiments d'Ali, le Harki presque malgré lui, d'Hamid, le fils du Harki et de Naïma, la petite fille de Harki qu'on imagine vite qu'elle raconte sa propre  histoire, or, il n'en est rien, semble-t-il : Elle s'est simplement très bien documentée et, à partir de cette documentation, elle a su magnifiquement bien se glisser dans la peau de ses personnages. C'est un livre sans suspense puisqu'on sait déjà tout de ce qui est arrivé aux  Harkis, mais, pouvoir se mettre à leur place grâce à ces pages est passionnant. En tout cas, j'ai lu  ce livre avec passion.