Page d'accueil

 

Art berbère en Tunisie

 

Architecture à Jerba

Les mosquées à jerba

Le palais Ben Ayed

Les ateliers de tissage

Les poteries de Guellala

Les fondouks d'Houmt Souk

Takrouna

 

Plantes de Tunisie

 

Surprises animales

 

La Ghriba

 

Street-art dans les rues d'Er Ryadh

 

Aïn Draham : un village de Kroumirie

 

Bizerte, Ferryville, Tindja

 

Portraits

 

Le port d'Houmt Souk

 

Coopération franco-tunisienne

 

Un artisanat tunisien : la mosaïque

 

Le musée du Bardo

 

Préhistoire

 

Comparaisons

 

Balade sur le mont Ishkeul

 

Le souk libyen de Ben Gardane, en 2000

 

Le corail de Tabarka

 

Un coin de France, la Drôme et le Vaucluse

 

 

Autour d'une photo

 

Un camp de concentration nazi : Terezin

 

Des livres

 

 

 

 Préhistoire en Tunisie du sud

 

 

 

Cette page n'a pas pour but de diffuser un cours de préhistoire, mais seulement de raconter ma découverte de la préhistoire dans les steppes et les sebkhas du sud tunisien, mes connaissances de cette période de l'histoire humaine restant très rudimentaires, mais, ma fascination pour ceux qui nous avaient précédés, il y a des millénaires, sur ces terres étant très grande.

Ces découvertes ont commencé lors de longues promenades sur le plateau de Lemsa, entre deux sebkhas, le long de la côte sud de Zarzis. N'imaginez pas un plateau beaucoup plus élevé que le reste du paysage, c'est seulement quelques kilomètres carrés de sable et d'étendues pierreuses qui ne sont jamais recouverts par la mer toute proche, alors que la sebkha est assez régulièrement envahie par l'eau, lors des tempêtes ou des marées un peu plus importantes.

Ce n'est pas la sebkha de zarzis, mais, ce paysage lui ressemble beaucoup.

Sur ce plateau, ici ou là, nous avons été intrigués par la présence de milliers de coquilles d'escargots qui paraissaient avoir été jetées par des hommes qui les avaient "cueillis " puis mangés. Cette sensation était renforcée par la présence de pierres noires, comme brûlées, rassemblées autour de ce qui faisait penser à des foyers. Des hommes avaient donc vécu dans ces lieux et nous nous sommes mis à explorer ces endroits. Au soleil couchant, quand la lumière devenait plus rasante, nous avons vu briller quelques " cailloux"... Des morceaux de silex qui avaient visiblement été taillés.

"" La Tunisie a été très anciennement habitée par l'homme. On a retrouvé sur son sol, en beaucoup d'endroits, des silex taillés qui servaient d'outils et d'armes aux hommes préhistoriques. Ces vestiges et les ossements exhumés correspondent, d'une manière générale, aux différents âges de la pierre  ou civilisations lithiques apparues en France et en Europe.

Les hommes primitifs habitaient des cavernes ou sous des huttes, ils se nourrissaient de cueillette et des produits de la chasse. Ils séjournaient très longtemps aux mêmes endroits, comme en témoignent les tertres connus sous le nom de remadhia qui contiennent des cendres, des coquilles d'escargots, des silex taillés et des détritus. Dans les forêts et les steppes vivaient le lion, la panthère, le rhinocéros, l'éléphant, l'ours, le buffle, etc, qui ont disparu et le gros et petit gibier qui existe encore : sanglier, lièvre et  perdrix, etc..." Extrait  du livre de M.Regagnon et A Pellegrin " petite histoire de la Tunisie, à l'usage des écoles primaires de la régence, édition de 1949 ou 1950.

Pointes de flèches minutieusement travaillées sur les deux faces, les plus petites mesurant un centimètre, les plus longues, environ trois cm.

Où l'on voit bien le travail de l'artisan sur les bords des flèches. Sans nul doute des extrémités d'armes : fixées au bout de lances en bois avec de l'alfa ou des tendons animaux, elles étaient lancées sur les animaux chassés. Beaucoup de celles que nous avons trouvées étaient cassées, épointées, dissymétriques et, sans doute, ratées...

Des formes de feuilles dites " feuilles de laurier : a quoi servaient-elles ? Peut être  étaient-elles, comme les flèches, coincées au bout de lances de bois pour servir à la chasse ?

Couteaux et grattoirs pour, sans doute, dépecer les animaux chassés et gratter les peaux. Certains d'entre eux, comme ceux-ci,

ont visiblement été manufacturés pour percer ou pour la prise lors du grattage et du dépeçage.

cette belle lame de 8 cm de long est travaillée avec beaucoup de finesse. Une merveille !

Des haches polies en plus ou moins bon état, mais toutes émouvantes.

A proximité de ces objets, nous avons parfois trouvé des tessons de poteries rouges, assez grossières, de la poterie romaine ou phénicienne d'utilité quotidienne et nous avons pensé que ces hommes préhistoriques côtoyaient les phéniciens installés dans des comptoirs commerciaux tout au long de la côte.

 A la découverte de la région de Douiret, nous avons aussi trouvé d'autres silex qui avaient été également taillés, mais c'était des outils bien plus grossiers, correspondant, sans doute, à la vie d'hommes bien antérieurs à ceux du plateau de Lemsa

taillé en forme de "coup de poing", ce morceau de rognon de silex permet, par sa taille, une bonne prise dans le creux de la main.

Sur ce bloc, on voit bien les éclats qui ont été enlevés, seule un morceau de l'enveloppe du rognon initial est encore en place.

Le tribulum :

cet objet qui se vend chez les " antiquaires" d'Houmt souk m'a intriguée car il est planté d'éclats de silex. je voyais bien qu'il s'agissait d'un outil agricole, mais, pour quoi faire ?  Voici ce qu'en dit Wikipedia : "Le tribulum est un outil de l'époque néolithique que l'on trouve surtout dans le pourtour méditerranéen.

Explications du professeur L. R. Nougier, "Guide de la préhistoire", Hachette, 1977 p. 171- 172:

le tribulum est un plateau rectangulaire de grosses planches, traîné par une paire de bœufs (de chevaux ou de mulets) que l'on fait tourner sans trêve sur l'aire de battage. La face inférieure du tribulum, qui frotte contre le sol, est hérissée de rangées de silex, des éclats plus ou moins informes, incrustés dans le bois, pour déchirer la paille et la séparer du grain. " Les éclats de silex n'ont pas de forme particulièrement définies.

  Voici deux images montant un homme installé sur le tribulum, tournant sur l'aire de battage, dans le sud tunisien. ( Photo fournie par Lucien et prise par un père blanc : Le père Louis, elles datent des années 50 )